Menuiserie Intérieure

Moustiquaire : relever les cotes et choisir le type de pose

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Moustiquaire : relever les cotes et choisir le type de pose

Pour mesurer une moustiquaire, relevez la largeur et la hauteur de l’ouverture en trois points chacune, comparez les deux diagonales, puis notez la profondeur libre du tableau et chaque obstacle : poignée, appui, coffre ou rail de volet. Ces cotes décident aussi du type de pose, en tableau, sous linteau, en applique ou en façade.

Mesurer une moustiquaire, c’est d’abord mesurer l’ouverture

Une moustiquaire enroulable, plissée ou fixe ne s’ajuste pas aux ciseaux comme un voilage. Coffre, coulisses et barre de charge forment un cadre rigide, assemblé pour une ouverture précise, qui doit entrer dans l’embrasure sans forcer tout en tenant la toile dans ses guides sur toute la hauteur.

Or la rénovation réserve des surprises : tableaux enduits qui s’écartent de quelques millimètres entre le haut et le bas, linteau légèrement fléchi, appui qui descend vers l’extérieur pour chasser la pluie.

D’où la règle de toute prise de cotes : sur chaque dimension, la valeur retenue est la plus petite des trois mesures. Un cadre fabriqué sur la plus grande frotterait là où le tableau se resserre, tandis que l’écart restant ailleurs se perd dans les coulisses et leurs brosses. Le jeu de montage, lui, se déduit à l’atelier : le retrancher dès le relevé revient à le compter deux fois.

La démarche rappelle la prise de cotes d’une fenêtre en rénovation, avec une différence de taille : la moustiquaire ne remplace rien. Elle s’insère dans un volume déjà partagé entre la menuiserie, son appui et parfois un volet, et c’est cet espace résiduel qu’il s’agit de mesurer.

Cotes tableau : les mesures à relever avant le devis

Sur une fenêtre qui s’ouvre vers la pièce, cas le plus répandu, la moustiquaire se pose côté extérieur et le relevé se fait à l’endroit exact où elle sera fixée. Un mètre rigide donne des lectures plus fiables qu’un ruban souple. Les cotes tableau d’une fiche complète tiennent en cinq relevés :

  • la largeur entre les deux tableaux, prise en haut, au milieu et en bas ;
  • la hauteur entre l’appui et le linteau, prise à gauche, au centre et à droite ;
  • les deux diagonales, dont l’écart trahit une ouverture hors d’équerre ;
  • la profondeur libre, de la face extérieure du dormant jusqu’à l’arête du mur ou jusqu’au premier obstacle ;
  • la saillie de chaque obstacle : rejingot, coulisses ou coffre de volet roulant, gonds et arrêts de persiennes.

Même soigné, un relevé fait par un particulier garde sa part d’approximation : tableau qui se resserre au milieu, pente d’appui jamais notée, poignée ou arrêt de volet oublié. En Suisse romande, le fabricant-installateur MBMoustiquaire a construit sa méthode autour de ce risque, comme le détaille www.mbmoustiquaire.ch : des cotes tableau approchées servent à établir le devis, puis le technicien remesure l’ouverture au domicile et fabrique la moustiquaire sur place, dans un camion-atelier, à la cote qu’il vient de relever. L’écart de quelques millimètres, d’habitude constaté quand une coulisse refuse d’entrer dans le tableau, est corrigé avant même la coupe des profilés.

Ce premier relevé reste précieux : il oriente le choix du modèle et de la pose, signale d’emblée un tableau peu profond ou un volet encombrant, et donne au devis une base réaliste. Joignez-y deux ou trois photos de votre fenêtre, prises de face, en haut de l’embrasure et au niveau de l’appui.

Diagonales, appui et rejingot

Deux diagonales égales signalent un tableau d’équerre ; un écart net annonce une ouverture en léger parallélogramme. La moustiquaire restera rectangulaire, guidée par la plus petite largeur et la plus petite hauteur. Notez où se situe le point le plus étroit, et passez un niveau à bulle sur chaque tableau pour repérer un faux aplomb.

L’appui mérite un relevé à part. En pierre, en béton ou rapporté, il descend vers l’extérieur et porte souvent un rejingot, ce petit relief qui arrête l’eau contre le dormant. Mesurez donc la hauteur à l’aplomb de la future coulisse et notez la pente : les coulisses seront coupées ou calées pour que la barre de charge ferme sur une surface régulière.

Mains tenant un niveau à bulle contre le tableau en pierre claire d’une fenêtre en bois ouverte

Quatre poses, quatre exigences pour la menuiserie

Le type de pose se décide après le relevé. Il dépend de la profondeur libre, de l’état des tableaux et de ce qui encombre déjà l’embrasure.

En tableau ou en tunnel sous linteau

La pose en tableau loge la moustiquaire dans l’embrasure, côté extérieur, entre le dormant et le nu de la façade : coulisses vissées dans les tableaux, coffre en haut de l’ouverture, ensemble presque invisible depuis la rue. Elle réclame des tableaux sains et plans, capables de tenir des chevilles, et assez de profondeur devant la fenêtre pour loger le coffre.

La variante en tunnel fixe le coffre sous le linteau, au plafond de l’embrasure, quand le haut des tableaux se prête mal à la fixation, derrière un habillage ou sur un enduit fragile. Dans les deux cas, la fenêtre s’ouvre vers l’intérieur sans croiser la toile et aucune vis n’entre dans le dormant, un atout sur une menuiserie en bois.

Coulisse en aluminium brun fixée dans le tableau, joint brosse noir longeant une toile gris anthracite

En applique ou en façade

Quand l’embrasure manque de profondeur ou reste encombrée, la moustiquaire passe devant l’ouverture. En applique, ses profilés se plaquent sur un support plan qui encadre la baie, parfois le dormant lui-même lorsqu’il affleure le mur. Pour une pose en façade, coffre et coulisses se vissent sur le mur extérieur, en débord : le tableau reste libre, mais l’installation se voit davantage et exige un accès sûr par l’extérieur, simple au rez-de-chaussée, moins à l’étage.

Sur un dormant en bois, la fixation en applique perce la menuiserie : chaque trou se protège ensuite avec la finition du cadre, que ce comparatif des finitions du bois aide à identifier. Et si la fenêtre doit bientôt être changée, commandez la moustiquaire après coup, une fois les étapes de pose de la fenêtre sur mesure achevées, car la nouvelle menuiserie modifie souvent la profondeur de tableau disponible.

Volet roulant, persiennes, poignée : composer avec l’existant

Un volet roulant occupe déjà le haut de l’embrasure avec son coffre et les tableaux avec ses coulisses ; la moustiquaire doit se glisser entre le vitrage et le tablier. Relevez la hauteur libre sous le coffre du volet et la distance entre le dormant et ses coulisses. Si l’intervalle est trop serré, une pose en applique ou un modèle plus mince prend le relais.

Les persiennes et volets battants posent le problème inverse : ils se referment dans la partie extérieure du tableau. La moustiquaire reste en retrait de ce plan de fermeture, à l’écart des gonds et de l’espagnolette, et la profondeur utile se mesure jusqu’au volet fermé.

Reste la poignée, qui ne compte vraiment que pour une pose côté intérieur, choisie quand l’extérieur est inaccessible ou saturé : sa saillie et la course de l’ouvrant fixent alors la distance minimale entre la toile et le vitrage.

Enroulable, plissée, battante ou fixe : un modèle par ouverture

Le modèle découle de l’usage de l’ouverture. Sur une fenêtre, la moustiquaire enroulable verticale reste la réponse la plus courante : sa toile remonte dans un coffre compact et ne gêne ni la vue ni la manœuvre des vantaux. Pour un passage fréquent, baie vitrée ou porte-fenêtre, la moustiquaire plissée se tire latéralement sur un rail bas très plat, à moins de préférer un modèle coulissant ; une porte d’entrée reçoit un cadre battant sur charnières, et une fenêtre de cellier rarement ouverte s’accommode d’un cadre fixe démontable.

Porte-fenêtre en bois ouverte sur une terrasse, moustiquaire plissée anthracite à demi tirée

Profilés, teintes et joints brosses

L’aluminium s’est imposé pour les coffres, les coulisses et les cadres : léger, rigide en faible section, il ne rouille pas. Le thermolaquage, une peinture en poudre cuite au four, lui apporte une finition dure et régulière ; un profilé en aluminium thermolaqué encaisse bien les intempéries et garde sa teinte au fil des saisons.

Une teinte accordée à la fenêtre

La teinte se choisit d’après la menuiserie. Un brun accompagne une fenêtre en bois et se fond dans l’ombre de l’embrasure ; un blanc ou un gris anthracite suivent un châssis en PVC ou en aluminium. Pour une couleur moins courante, le nuancier RAL sert de langage commun entre les deux fabricants. La toile se prend presque toujours sombre, car une toile foncée se remarque moins depuis l’intérieur.

Joints brosses et tenue au vent

Dans chaque coulisse, des joints brosses longent la toile : ils comblent le jeu entre la toile et son guide, ferment le passage aux insectes par les bords et retiennent la toile quand le vent la pousse. Des poils longs tiennent mieux par temps venteux, à condition que les coulisses soient d’aplomb : le niveau à bulle sert au relevé comme à la pose.

Sur le plan normatif, la moustiquaire est rangée parmi les stores extérieurs. La norme européenne EN 13561 de 2015, reprise sous les indices NF EN 13561 par l’AFNOR et SN EN 13561 par l’Association suisse de normalisation, la cite expressément dans son domaine d’application, aux côtés du store banne et du brise-soleil, d’après le résumé publié par cette dernière. Elle fixe des exigences de performance et traite des risques liés à l’installation, au fonctionnement et à l’entretien.

Prochaine étape : pour chacune de vos fenêtres, reportez sur un croquis les trois largeurs, les trois hauteurs, les diagonales, la profondeur libre et les obstacles. Le devis part alors d’une base fiable, et le choix entre tableau, applique ou façade se fait en connaissance de cause.

Questions fréquentes

Faut-il mesurer côté intérieur ou côté extérieur du tableau ?

Mesurez là où la moustiquaire sera fixée. Pour la pose la plus courante, en tableau côté extérieur, les cotes se prennent entre les murs de l’embrasure, devant la fenêtre, et non sur le vitrage ou le dormant vus depuis la pièce. Les dimensions intérieures diffèrent souvent, car le tableau intérieur est plâtré et parfois ébrasé. Une pose côté intérieur, plus rare, se mesure dans l’embrasure intérieure, en tenant compte de la poignée et de la course de l’ouvrant.

Quelle cote retenir quand le tableau n’est pas d’équerre ?

La plus petite, sur chaque dimension. Le cadre de la moustiquaire reste rectangulaire : fabriqué sur la largeur maximale, il bloquerait à l’endroit où le tableau se resserre. Indiquez aussi l’écart entre les diagonales et l’emplacement du point le plus étroit. Le fabricant décide alors du jeu à retrancher et de la manière de caler les coulisses. Ne déduisez rien vous-même, sous peine de voir ce jeu appliqué deux fois.

Une moustiquaire gêne-t-elle une fenêtre oscillo-battante ?

Posée à l’extérieur, en tableau ou en façade, elle laisse les deux mouvements libres : la fenêtre bascule ou s’ouvre en grand vers la pièce sans jamais toucher la toile. Le cas délicat reste la pose côté intérieur. La toile doit alors se trouver assez loin du vitrage pour que l’ouvrant bascule et que la poignée passe, et l’ouverture complète oblige à remonter la moustiquaire au préalable. Relevez donc la saillie de la poignée avant de retenir cette pose.